Les chevaux m’accompagnent sur ma route.
Ils ont toujours été là de près ou de loin. Il est temps pour moi pour de partager ce que c’est que d’être une personne neuro-atypique dans ce monde si dogmatique et codifié qu’est celui du monde du cheval.
J’ai à coeur de parler pour faire entendre leurs voix, mais aussi la voix de ces personnes dont je fais partie qui sentent et ressentent puissance mille. Qui sont cheval dans leurs façons d’être, dee penser et de se comporter.
Une elfe et des chevaux, une autiste et des chevaux.
Ces amis, auprès desquels toujours je retourne prendre conseil.
C’est la partie qui me fait le plus peur ; oser parler et m’exposer dans ma plus grande vulnérabilité.
Oser transmettre les messages qui me sont donnés par ces êtres incroyables.
Oser prendre ma place et la revendiquer.
J’en tremble presque.
Le monde du cheval est sans coeur et si enclin à juger au quart de tour.
Je pense que je débute enfin le travail de ma vie.
Ces articles - une elfe et des chevaux- sont ma pierre angulaire.
Un livre est en cours d’écriture à ce sujet et ces transmissions, ce sont quelques pépites de ce qui jaillira au coeur de ce projet.
Voici un article que j’ai écrit il y a plus d’un an et demi maintenant et que je me permets de poster. Il rend hommage aux chevaux et à ce travail quotidien que ces créatures splendides nous demandent. Ici, nous pénétrons la voie de l’initiative, de la résilience et du rebondissement face à ce que le cheval suggère dans nos interactions. Vous l’aurez compris, je lie les Gene Keys aux chevaux. Un parcours que je me plais d’arpenter.
Voici un récit où je me dévoile dans ma plus grande vulnérabilité.
Ici, on explore en même temps la clé 51, le chemin de l’initiative.
Gene Key 51 - Agitation - Initiative - Eveil
Photo by Avi Theret on Unsplash
Aujourd’hui, j’ai fait l’expérience de cette clé à la dure et à travers ma connexion avec ma jument. Comprendre combien, l’agitation nous gagne rapidement et se fait le chef d’orchestre de la moindre de nos actions ne nous apparait bien souvent qu’une fois qu’on prend le taureau par les cornes et que l’on n’a plus le choix : s’arrêter et contempler ce qui se passe autour de nous d’abord et puis, après en nous. Alors seulement, est-on en mesure de saisir la teneur réelle de l’emprise du stress, de l’anxiété et de nos peurs. Ainsi lorsque que l’on rencontre un inconfort, on tend à se crisper, à subir cet inconfort et on cherche à s’en libérer coûte que coûte : on fuit, on cède à nos addictions, à nos dépendances, on essaye de stopper les schémas répétitifs à la dure.
Sortir de cette phase assez difficile et exigeante demande de faire un pas de côté, en avant ou même en arrière. En réalité deux options s’offrent à nous: observer le schéma et attendre que les choses se calment en subissant ou profiter de la tempête pour créer. Parfois, on se glisse dans la première pour atterrir dans la deuxième afin d’alimenter le feu de notre créativité. Je veux parler de prendre l’initiative. D’aller voir en nous pour trouver les réponses et in fine, trouver notre voie. Le cadeau en fait, c’est le chemin. On ne le répétera jamais assez et seule, l’intuition peut nous guider sur le chemin. Le premier pas : la douceur plutôt que la force. La douceur permet de trouver notre propre voie créative à travers les ombres.
AVOIR FOI dans le processus et approcher les difficultés avec créativité. Les problèmes se transformeront d’eux-mêmes en solution.
Au lieu de se faire un sang d’encre par rapport à un problème ou une situation, envisager la situation ou le problème avec les lunettes de la douceur, parler à ces parts de nous qui ont terriblement peur, aborder le problème sous un autre angle. Comme l’expression le dit bien, l’iniatitive, ça se prend. Une victime se laisserait morfondre au fond de son trou. Le créateur de sa vie prend le problème à bras le corps et choisi d’agir ou de ne pas agir (un choix aussi mais fait en conscience, à la différence de l’état de victime qui elle ne fait rien parce qu’elle est en figement).
Prendre l’initiative est comme un muscle. Plus on se prend en charge, plus on sourit face aux problèmes qui surgissent dans nos vies, plus on se réjouit de l’ascension et de l’initiation qui en découle. Qui dit initiation, dit éveil. Nous y voilà déjà.
L’initiation est une période de transformation véritable. Et la vrai initiation se fait seul. Elle nous transforme purement et simplement. On n’est plus la même personne après cela. L’initiation est un portail. Pour rencontrer les éclairs et la tempête, il s’agit de s’adoucir et d’appliquer le plus de douceur à comment on aborde la vie en général. Prendre conscience des moments où on se tend complètement et on est en force par rapport aux événements de la vie pour se relâcher et se laisser couler en douceur à travers le changement.
L’initiative et l’acte créateur se prennent à bras le corps et permettent de surmonter les états de figement, de stress, d’anxiété. Je ne pensais pas que le destin viendrait mettre ma volonté et ma foi à si rude épreuve et si vite. Ma jument n’était pas une jument qui se laissait facilement attraper au pré. Après des heures passées à travailler la confiance et à venir sans rien lui demander. Je disais bien « était » parce que j’ai passé des heures avec elle pour qu’elle finisse par me suivre et m’accorder sa confiance. Taureau dans l’âme, la confiance est sacrée et ne se bafoue pas. C’était sans compter des décharges d’électricité statique à répétition dans le pré chaque fois qu’elle s’approchait de moi. Electricité statique, insecte, sa queue qui se prend dans les fils électriques. Je ne sais pas ce qui se passe, mais le phénomène se produit plusieurs fois de suite dès que je l’approche un peu et que je la caresse, elle se prend une décharge. Je me retrouve après plus d’une année de boulot au point de départ.
EFFONDREMENT.
Je pensais avoir construit quelque chose de solide.
La panique.
Il va falloir tout reconstruire depuis le départ.
Le désespoir.
Je suis fatiguée, si las et le burn out n’y pas pour rien.
Les peurs.
Et si je n’y arrive pas… Pour qui vais-je encore passer. Moi qui arrive toujours partout comme une extraterrestre, j’ai encore un peu du mal avec cette casquette. J’ai la boule au ventre. Je suis dans une nouvelle écurie. Je ne connais personne.
Je suis seule.
Les blessures.
Dois-je encore les mentionner ? Elles refont évidemment toutes surface. La voir à nouveau partir comme ça m’a montré à quel point mes blessures étaient encore présentes, à quel point certains schémas se répétaient. Et à quel point, cela me mettait dans des états de dureté, de stress et d’anxiété. En moi, tout remonte à une vitesse. Cette dureté, ce piquant que tous les cavaliers ressentent lorsqu’ils ne peuvent approcher ou reconnecter avec leur cheval. Cette aigreur. J’ai envie de pleurer et de crier. Il a fallu que je rassure encore ces parts en moi qui tremblent à l’idée de ne pas gérer, de ne pas être compétente, de me sentir impuissante par rapport à cela. Mais aussi, la sensation de défaite immense. Le désespoir de ne jamais y parvenir, de toujours devoir repasser par la case 0.
Le monde du cheval est un monde difficile, comme lorsque l’on a des enfants, tout le monde y va de son conseil, de sa façon à devoir gérer un problème. Tout le monde a une solution toute faite et tout le monde est prêt à juger, à vous donner le conseil du siècle. Ce n’est pas méchant, simplement irritant.
Et puis, je me rappelle. je sais que je vais pouvoir m’en sortir. Je sais que cela va bien se passer. Je sais que la seule personne qui doit se convaincre d’elle-même, c’est moi-même. Je suis formée et je continue à me former. Je connais ma jument et elle me connait.
Je me rappelle que cette jument a autant de fantômes que moi. Qu’elle aussi fait du mieux qu’elle peut et que moi aussi, je fais du mieux que je peux.
Je me rappelle qu’avec son frère de coeur, on marche à trois ensemble sur ce chemin initiatique et que les fantômes du passé continueront à nous pourchasser encore quelque temps… Le temps de réécrire l’histoire, de panser les traumas et de passer le portail. Cette transition est notre portail. J’ai foi que nous y parviendrons.
Je me rappelle que nous sommes guidés et poussés par ce grand mystère et nous marchons un chemin unique, notre chemin. Chacune le sien mais ensemble.
Je me rappelle aussi que ma plus grande ennemie, c’est moi-même et qui si je ne crois pas en moi et en ma capacité à rebondir et à gérer les situations avec sang froid. Personne ne le fera et personne ne verra ce que je désire réellement montrer.
Je me dis que la somme de ces expériences est là pour nous rappeler une chose : le lâcher-prise, laisser le contrôle de côté. Se rappeler que certaines choses sont en-dehors de notre contrôle et qu’il est nécessaire de sortir du jugement surtout envers soi-même.
Et puis, une volonté de fer grandit en moi. Non, je ne me laisserai pas abattre. Chaque jour avec les chevaux est un jour différent. Chaque jour, on peut recommencer et repartir de 0.
Ténacité
Les montagnes russes émotionnelles sont des montagnes russes émotionnelles parce que je résiste la vague au lieu de me laisser glisser.
Une question reste en suspens : et si je me prouvais enfin à moi-même que je pouvais et que j’étais capable de le faire. La seule façon de se le prouver est d’agir dans la douceur et au bon moment.
Je suis sortie de la prairie en réfléchissant. Je pourrais forcer comme certains forceraient. La faire tourner pendant des heures jusqu’à ce qu’elle cède. Je nous trahirais toutes les deux. La jument est calme. Elle ne panique pas. Je reviendrai plus tard et je réessayerai.
Je suis revenue plus tard. Elle m’attendait et a henni en me voyant. Le choix de ne rien faire et d’attendre était le bon. Oui parfois, il vaut mieux laisser les choses sur un échec, l’accepter ; pour revenir et faire mieux.
La jument me demande d’avoir foi et de rester stable sur mes deux pieds. Elle est intelligente et d’une sagesse presque ancestrale. Elle sait et elle m’a choisi.
Depuis petite, j’ai les chevaux dans la peau. Ils me demandent simplement de cesser d’avoir peur de l’échec et de la mort pour pouvoir enfin me révéler à moi-même. La perfection est une illusion. Inutile de s’y accrocher. Il va falloir que je me l’écrive sur un post-it.
Cesser d’avoir peur de soi-même et oser être qui on est coûte-que-coûte.
En écrivant ces lignes, je suis fière de moi. J’aurais pu baisser les bras et me lamenter, mais j’ai pris l’initiative d’écrire. L’écriture me sauve toujours… Et peut-être qu’elle vous donnera un peu de baume au coeur, si vous aussi vous êtes confrontés à une impasse ou un cul-de-sac, que le désespoir semble engloutir votre vie. Je terminerai en citant l’illustre Albus Dumbledore : « Vous savez, on peut trouver le bonheur même dans les moments les plus sombres. Il suffit de se souvenir d’allumer la lumière. »
Voilà mes poussières d’étoile, brillez de mille feux pour que l’on puisse ensemble rayonner d’une énergie puissante et positive.
Au plaisir,
Clara J.
PS : A toutes les personnes neuro-atypiques et les autres, bien sûr, ayez confiance en votre ressenti et ne laissez jamais le pouvoir entre les mains d’une tierce personne. Votre ressenti est juste.
Ayez confiance en vous et osez vous exprimer. Souvent les portes des chevaux se ferment parce que la douleur face à laquelle nous devons faire face et que nous ressentons jusque dans chacune de nos cellules, cette sensation que quelque chose cloche où souvent les mots manquent est juste, intègre et devrait être suivie.
Vous savez et personne ne peut vous retirer cela.
Fuyez comme un cheval au grand galop dès que l’on vous parle de “maitre”, de dogmes et du “on a toujours fait comme ça”.
Les chevaux ne mentent pas ; votre corps parle. Ecoutez-le.