A vous, beau voyageur,
Une fois n’est pas coutume, changement de style, de registre, de ton.
Aujourd’hui, je vous emmène dans des déboires purement matériels et je me réjouis d’entendre les vôtres, la vie en devient parfois trop sérieuse et j’avais envie de rigoler un peu en écrivant. Alors, voiciiii (roulement de tambours) mes réflexions sur une expérience au coeur du nigredo.
Pour quelqu’un comme moi, les tracas domestiques ont l’art de me pousser à bout. Je peux rester calme et placide face à de grosses catastrophes, mais une douche bouchée… C’est quelque chose !
Le pire du pire : les bouchons de douche, de voiture, de tout. Et bien, c’est arrivé la semaine dernière.
Un bouchon de canalisation.
Et après une semaine de déboires niveau canalisation (ahahahah, oui, très chers collègues spirituels, mes canaux étaient bouchés à tous les niveaux – je rigole seule face à mon écran d’ordinateur en me rendant compte de l’énormité de la situation), où j’ai cru que je n’allais jamais m’en sortir… Ce matin, au réveil, après une nuit mouvementée, le bouchon a lâché, sauté, s’est dissous, que sais-je, ma douche était libre enfin et moi aussi, plus légère, fatiguée, exténuée mais plus légère. Je suis passée par toutes les peurs et les horreurs que la matérialisation et ses petits problèmes me causent au quotidien et j’ai dû retrousser mes manches et accepter de lâcher, lâcher le câble, accepter cette incarnation sur terre. Oui, accepter que tout ne va pas toujours comme on aimerait, accepter d’être en colère et frustrée parce que j’avais prévu de passer ces jours de congé à écrire et plancher sur mon roman et chaque fois que je prévois cela, eh bien, l’univers m’envoie de jolies distractions. Mais il y a quelque chose avec le mois de mai et l’eau, pour sûr. Il y a deux ans, une canalisation avait sauté dans mon appartement et je me suis retrouvée les pieds dans l’eau au réveil…
Trop de pression.
Dans ma vie aussi, à ce moment-là, la pression était au maximum.
Quel boulot !
Je suis émerveillée de voir à chaque fois comme l’infiniment petit est si connecté à l’infiniment grand.
En vérité, cela m’a fait réfléchir aussi sur bien des sujets… Allez, je plonge!
Sur les raisons pour lesquelles je ne veux pas acheter de maisons ainsi que sur le cycle de l’eau et à quel point on court à la catastrophe
Le fait de devoir gérer l’eau et la consommation pour éviter de trop éponger, de vider trop de seaux dans la cuvette des toilettes m’a fait réfléchir à l’inadéquation et au manquement total de durabilité de nos maisons et appartements. On prend de l’eau de source ou de l’eau de pluie que l’on rejette après dans les égouts. ô combien stupide. C’est pour cela aussi que je ne désire pas acheter ou faire construire de maison. Tout d’abord, parce que je sais que je vais quitter la Belgique à un moment donné et en plus, parce que la façon dont on rénove et on construit est aberrante ! Je ne rentrerai pas dans ce débat-là. D’autres le font bien mieux que moi (biotonomy par exemple). Il est temps que cela cesse et que l’on repense cela. Des solutions existent.
Sur les peurs
Ce type de moments vient chez moi vraiment ébranler et déclencher toutes mes peurs et mes insécurités, parce que cela implique de devoir peut-être demander de l’aide, de se retrouver coincée dans la matière, de ne pas pouvoir fuir et de devoir accepter les imprévus.
Sur les libérations
On empile, on empile, on empile encore un peu et on dégage !
Qu’est-ce qui est bouché ? Qu’est-ce qu’il faut que je dégage ? Qu’est-ce que je dois jeter ? Qu’est-ce que je dois garder ? En vrai, j’adore ces moments de nettoyage par le vide.
Pour sûr, cette semaine, j’ai nettoyé...
Sur l’acceptation
Accepter la stagnation, accepter d’avoir les pieds dans la boue, d’être dans le jus, dans le chaos, parce que vous le savez et c’est ma petite phrase à moi : du chaos surgissent les miracles ! Accepter aussi les pauses, ces moments suspendus, et qu’il faut du temps pour que les problèmes parfois se résolvent.
Sur la foi et la confiance
Cela me confirme en tous cas, une fois de plus, que je suis sur la bonne voie, qu’il faut que je persévère, que j’arrive de mieux en mieux à gérer mon trouble du spectre autistique, la fatigue, le stress qui vont avec et que je commence à accepter mon incarnation sur terre et les bouchons matériels qui en découlent. Si j’avais dû payer quelqu’un pour en arriver à ces conclusions, j’aurais payé bonbon, donc je m’en vais mettre une bougie à mes canalisations et au gardien de mon appartement qui veille sur moi, chaque jour qui passe, et surtout qui entend mes prières. Et malgré tout cela, j’ai réussi à avancer dans l’écriture de mon roman et quelques articles pour mon substack.
Très chers voyageurs, très chères voyageuses, c’est avec plaisir que je lirai vos propres déboires et partages à ce sujet. :)
Je vous embrasse,
Clara J.
PS 1 : Mon conseil à quiconque aimerait trouver un guide spirituel. N’allez pas dépenser des sommes astronomiques… La vie se charge de vous guider et apparemment, il suffit de s’asseoir et d’écouter. Tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas !
PS 2 : On a parlé de mes canalisations, mais je peux vous assurer que pour les voitures ou n’importe quel sujet matériel qui vous fait défaut, il y a une raison plus perchée. Vous avez un problème de frein ? Dans quel domaine de votre vie est-ce que vous devez ralentir ? Durant tout mon burn-out autistique, ma voiture n’a pas arrêté de m’indiquer le voyant frein. Je suis passée plusieurs fois au garage et ils n’ont rien trouvé : allez chercher !
PS 3 : J’ai aussi une des portes de mes armoires qui m’est tombée dessus, et j’ai accepté de la laisser partir. Du coup, j’ai une armoire sans porte qui s’est reconvertie en étagère et je peux désormais voir chaque fois que je rentre dans ma cuisine mes jolies poteries. J’ai évidemment juré comme un charretier parce que c’est arrivé en même temps que la canalisation bouchée – juste cinq minutes top chrono (avant ça aurait duré trois jours et j’aurais maudit mon appartement, j’aurais balancé la porte cassée, envoyé un verre au mur, non j’exagère, mais c’est pour vous donner un peu la mesure). Donc la leçon en plus des canalisations, c’est toujours voir le verre à moitié plein, plutôt qu’à moitié vide. Quelle semaine !
